Youth

Horeca1-52

Youth est une création  qui réunit les adolescents d’un territoire.
A partir de leur parole, de leurs témoignages, le projet esquisse un portrait de la jeunesse d’aujourd’hui.
Quels sont leurs rêves, leurs désirs, leurs aspirations, leurs craintes, leurs idées de l’amour et de la mort ? Quelle conscience ont-ils du monde dans lequel ils vivent, de la place qu’ils y occupent ?

 Le jour où Didier Ruiz m’a proposé de participer au premier travail qu’il allait réaliser avec des adolescents, je n’imaginais pas, ce que celui-ci pouvait apporter aux jeunes participants, ni comment mon propre travail pouvait venir s’intégrer et enrichir le projet.
   Aujourd’hui après avoir participé avec La compagnie des Hommes, a une douzaine de projets avec des adolescents, je peux dire que le travail du corps est là, principalement, pour que chacun acquière confiance en soi même et avec le groupe. Apprendre à être ensemble, à partager des fragilités, à découvrir ce que veut dire devenir « sensible ».
   Le travail physique invite les jeunes à connaitre leur corps, à reconnaitre les contraintes propres à chacun, à acquérir de la confiance en soi et avec les autres pour constituer un groupe. Jouer ensemble, chanter, faire des efforts, partager des silences, des rires et des pleurs, se toucher s’embrasser, courir, danser…
   Tout cela poursuit le même but, libérer les corps et préparer le chemin pour que les réponses aux questions posées par Didier, surgissent sans entraves, simplement et de la façon la plus spontanée et sincère.
   Le fait de partager dans ce travail des expériences « sensibles » fruit de leur propre vécu, aide aussi à que le groupe, en général, se forme et se soude assez rapidement. C’est merveilleux, presque magique, et ça marche !
          Une fois sur le plateau et puisque dans la proposition de Didier, les participants restent debout longtemps sans rien faire, il s’agit aussi de trouver comment être là simplement, avec attention mais sans tension. C’est un travail qui n’est pas évident pour les jeunes mais qu’ils appréhendent petit à petit à travers une vraie écoute de l’autre et l’apprentissage d’une détente du corps.
          Un autre aspect du travail est celui de la place de «la danse » dans la présentation du travail sur le plateau. Il aurait été sûrement plus juste et cohérent que s’il devait y avoir une danse collective, celle-ci naisse, comme pour la parole, à partir des participants. Néanmoins il s’est avéré qu’étant donné les différentes personnalités qui composent chaque groupe et les contraintes de temps dont on dispose, le plus simple était que j’écrive une phrase simple avec une gestuelle quotidienne qu’ils pourraient apprendre facilement, trouver une certaine qualité et se l’approprier. Cette phrase vient ponctuer différents moments du spectacle et peut se décliner différemment selon l’idiosyncrasie du groupe et les 
différents espaces de représentation.
    On pourrait dire qu’il n’y a pas vraiment de danse dans le spectacle mais cela ça dépend de ce qu’on met derrière ce mot, danse. Je dis souvent qu’un corps libre c’est un corps qui danse. C’est pour cela que ces jeunes avec leurs tentatives pour devenir plus sensibles et un peu plus libres, ne font que danser. On peut penser qu’ils ne font rien d’autre que d’être là, debout en s’exposant devant nous avec toute leur force et leur fragilité mais oui, ils ne font que danser.
    A chaque fois, je suis toujours ému par le travail de ces jeunes, admiratif et presque jaloux, de sa capacité à s’exposer et stupéfait par « la distance » parcourue depuis le début du travail par chacun et chacune. Alegria !   

Tomeo Verges septembre 2020

Mise en scène Didier Ruiz
Travail du corps Tomeo Vergés
Assistante Myriam Assouline
Lumière Charlotte Montoriol
Photographies Emilia Stéfani-Law

Dossier artistique